La ronde du Tarot

La ronde du Tarot

Dans l’image ci-dessous nous avions d’abord placé au cœur des foyers l’Oracle et le Grand Architecte. Après réflexion l’idée d’y disposer Neo et Smith nous a semblé plus pertinente car illustrant mieux l’égalité dans la complémentarité au niveau de sa manifestation. Les 22 arcanes agissant comme guide ou comme prisme pour teinter la lumière blanche d’une « couleur » qui sera rendue visible dans sa manifestation. C’est ainsi que les mêmes arcanes seront lus à l’endroit (sens Neo) et à l’envers (sens Agent Smith).

Matrix exprime que là où la Lumière grandit, les Ténèbres s’assombrissent de sorte que la grande équation s’équilibre en permanence selon les mots de l’Oracle définissant la mission du Grand Architecte.

« Oracle : Je t’en prie : toi et moi ne voyons peut-être pas plus loin que nos propres choix mais cet homme ne voit même pas au-delà d’un seul choix.
Neo : Pourquoi ça ?
Oracle : Comprendre un choix lui est impossible par nature. Il n’y voit que des variables d’une grande équation. Une par une, chaque variable doit être analysée puis remplacée, c’est son ultime but : EQUILIBRER LA GRANDE EQUATION
Neo : Et vous, quel est votre but ?
Oracle : LA DESEQUILIBRER, trésor »

C’est vraiment cette présentation en cercle qui donne corps à la vision Yin/Yang de Matrix.

L’arcane sans nombre est aussi bien :

  • Diogène le cynique de la philosophie grecque (je cherche un homme ; ôte-toi de mon soleil etc…)
  • Le Zarathoustra de Nietzsche
  • Toutes les figures de sages/fous qui transgressent (hébreux signifiant celui qui transgresse selon F. Lalou)

Dans Matrix, l’arcane sans nombre est aussi bien un moment : ce passage oú Néo le bateleur (0) a fini son chemin dans le Monde (21) et devient ce sage/fou, qu’un arcane ou un archétype : la fusion Neo/Smith, la fin qui n’est autre qu’un nouveau départ. Une porte entre les mondes non pas de la vie et de la mort mais de la naissance et de la mort. La ronde des existences samsariques que seule l’expérience du nirvana peut briser.

On peut donc conclure que Matrix véhicule une vision qui synthétise à la fois

  • la vision occidentale, progressiste par étape/épreuves successives que nous avons détaillée précédemment à travers le mythe de J. Campbell
    ET
  • la vision orientale d’une dualité manifeste, en déséquilibre/équilibre permanent et en constante impermanence.

Il est donc largement pertinent de creuser la piste de la dualité ombre/lumière.